Hommage au pissenlit

C’est la vedette incontestée du printemps : partout le pissenlit étend ses kyrielles de fleurs comme autant de soleils prompts à réchauffer les prés encore engourdis par l’hiver. Comestible de la racine à la fleur, il a une saveur amère particulièrement initiatrice pour moi…

 

Régal de pissenlit et fleurs sauvages
Régal de pissenlit et fleurs sauvages

Dans la longue liste des plantes qui m’ont un jour mis une claque bien méritée, le pissenlit est chronologiquement le numéro un. A cette époque pas si reculée (c’était si ma mémoire est bonne au printemps 2007), je ne me passionnais pas encore pour les plantes sauvages et me complaisais dans une approche strictement contemplative de la nature, sans éprouver le besoin d’étancher ma profonde ignorance à son égard. Mes seules « recherches » se cantonnaient à ce qui pouvait concerner mon petit jardin personnel, à la fois potager et d’ornement, sur lequel je prétendais régner en maître dans le respect de l’environnement… C’est ainsi – j’en jaunirais de honte si je ne m’étais depuis décidé à assumer ouvertement ma grande stupidité – que je tapai un jour sur internet quelque chose comme « lutte biologique contre le pissenlit »… Face au tsunami de fleurs d’or qui recouvrait les collines environnantes, je m’étais mis en tête de résister à l’envahisseur ! Une peur du pistil étranger, un réflexe protectionniste pour tenter de sauver mon pré carré « civilisé »… 

 

Une leçon d’écologie par les plantes

 

Mes investigations sur le web eurent tôt fait de me ramener à la raison : mon cochon, dans le pissenlit tout était bon ! J’avais voulu chasser de chez moi un inestimable ami qui ne me voulait que du bien… Alimentaire, thérapeutique, je ne vous ferai pas l’article de ses multiples propriétés que vous trouverez fort bien ailleurs, si ce n’est pour vous conseiller d’investir 12 euros dans l’excellent ouvrage de Bernard Bertrand, « le pissenlit, l’or du pré » qui, comme toujours dans sa collection « le Compagnon végétal », aborde la plante sous tous ses aspects, traditionnels, culinaires, médicinaux et même poétiques et littéraires.

 

C’est dans ce magnifique petit livre que j’ai récemment déniché la recette de la gelée de pissenlits dont je ne vous ferai pas partager l’expérience puisque je l’ai ratée ! J’ai un peu trop forcé sur le sucre ainsi que sur le temps de cuisson, et le fait que mes enfants en raffolent n’est pas une référence : ma gelée a plus le goût de caramel que de pissenlit…

 

En attendant de retenter ma chance, je me venge sur les salades et les Taraxacum dens leonis prolifèrent allègrement dans mon pré carré avec ma bénédiction. Le pissenlit a bien sûr également trouvé sa place parmi les 64 cartes d’Achillea, le Yi-King végétal, jeu qui n’aurait peut-être jamais vu le jour s’il ne m’avait ainsi soufflé, lui le premier, de remédier à ma profonde ignorance à l’égard du monde végétal.

 

 

 

 

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